La Llorona ou l’art de désencombrer sa rivière intérieure

L’image de la Llorona a été réalisée par Loriane Le Grand – Artiste Peintre

Laissez moi vous raconter une histoire de tremblon issue du continent sud américain où les traditions ancestrales sont encore vives, où les contes sont les garants des remèdes qui tourmentent et emprisonnent les hommes comme les femmes. Leur rôle me direz-vous ? Réveiller l’Être qui somnole dans une recoin de notre âme et traverse sa vie sous les gravats de fausses croyances.

Ce conte parle de la rivière sous la rivière, la rio abajo rio, celle qui fertilise et dynamise par son flot impétueux nos idées, nos élans pour qu’ils se manifestent au grand jour.

Enfin ça c’était au début avant le début, celui des culottes courtes et des courses folles à travers la pampa. Puis les shorts ont fait place aux pantalons, les socquettes aux bas, et là, juste au-dessus d’eux, à quelques encablures, une usine qui tourne à plein régime. Elle est tenue par un hidalgo jamais satisfait de ce qui est.  Son intransigeance dépasse les frontières les plus lointaines ignorant les ressources créatrices de la rivière sauvage. Régulièrement  il lui déverse des injonctions comme « tu n’y arrivera pas », « trop nul », « oublie, ça n’intéresse personne »….

Arriva ce qui devait arriver,  la rivière s’asphyxia, de longues algues vertes pareilles à des filaments s’emparèrent des derniers sursauts de vie qui lui résistait…son flot tomba dans l’oubli.

Vint le jour où comme il arrive souvent dans les histoires initiatiques, un étranger ignorant le fait qu’on la disait hantée voulut s’y désaltérer. Son élan s’arrêta net, un frisson le parcouru, la rivière avait pris parole et murmurait les histoires d’autrefois. C’était celle des femmes venues y déposer leurs rêves, leurs espoirs mais aussi leurs chagrins.  Bien loin de s’en aller, l’Homme prit le temps d’écouter le récit de chacune d’entre elles jusqu’au petit matin. Enfin le soleil se hasarda quelques rayons sur l’onde, l’Homme réfléchit après un court moment et leur suggéra que pour redonner vie et éclat à la rivière d’autrefois iels leur faudrait commencer par nettoyer le fond et le tréfond avec la ferveur et l’espoir de celle.eux qui ont entendu “l’appel”.

La rio abajo rio s’écoule depuis la nuit des temps, accueille les récits silencieux de celle.eux qui l’arpentent avec simplicité ! La rivière sous la rivière, à tant à nous dire…..pour la rencontrer je vous propose une avancée les pieds dans la rivière, où nous remonterons son cours, saluerons les végétaux le long de la berge, et découvrirons comment à leur façon  ils pourront nous accompagner, nous délester de croyances erronées afin de laisser chanter à nouveau le cours de notre Histoire….

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