Erratiquement vôtre

Au commencement était le Big, plus tard on entendit résonner le Bang là-bas  vers le lointain il y avait comme un craquement,img_2055 un écartèlement bref, la montagne tressaillait… elle se déhancha déambula le long des coteaux s’enivra et se grisa de cet improbable. Le matin avait commencé comme beaucoup d’autres matins, elle avait regardé poindre le soleil au-delà des monts ignorant tout de cette journée dont rien n’aurait de commun avec celle d’hier et encore moins d’avant hier. Ce big et ce bang l’avait projetée sur le dos d’un glacier en mouvement, lent certes, mais elle qui n’avait jamais bougé ne serait-ce qu’une pousse de genévrier l’aventure ne faisait que commencer. Ses roches granitiques effleuraient tout en défleurant l’immensité qui se mouvait sous ses flans. Accompagnée d’autres comparses aussi silencieuses que roches de cathédrale, elle esquissait de temps en temps un regard amusé voire débouler, effrayées de nouvelles roches sur cette étendue glaciaire. Bref, plusieurs lunes passèrent, tonnerre et grands vents les voyaient se déposer les unes après les autres comme conquérantes le long des abords façonnés de leur passage.img_2057

Enfin elle s’assoupit d’un long et profond sommeil, rêva de nuits étoilées, de dragons de feu parcourant la croûte terrestre, réchauffant peu à peu la surface de la terre. Lorsqu’elle se réveilla des sons vinrent frapper à ses oreilles, certains étaient doux comme une pluie d’été, d’autres plus fracassants la tenait éveillée sans pouvoir prendre roches à son cou, le ciel embrassait la terre et la fécondait au gré des saisons, le long de ses parois ruisselaient comme une caresse un lointain souvenir où le Tout était encore Un….

Puis le temps passa et repassa avec d’autres lunes, elle s’étonna de ne plus voir changer le paysage, et le décor se figea. Or un jour où le soleil semblait encore plus haut, plus chaud que d’habitude des silhouettes apparurent derrières les fûts hauts de plusieurs mètres aux aiguilles intemporelles…elle sentit des fourmillements parcourir son échine, des martèlements ouvrir des orifices dans sa chair, entendit des chants, vit des danses, huma des parfums suaves qui lui firent aimer la présence de ces êtres étranges à deux pattes…ils venaient souvent la rencontrer, certains lui confiaient leurs désirs, d’autres leurs rêves, ils savaient ce lieu particulier dont les mouvements subtils donnaient la sensation de voyager vers des lieux inexplorés de leur être… C’était hier, à moins que ça ne soit demain, il y a de cela pas si longtemps enfin il me semble….

« Avoir un cœur de pierre » ; insensible, froid, fermé….et si on remplaçait ignorance par expérience…

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